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[Article Title] CONTRÔLE ALIMENTAIRE DE L'ATOPIE CANINE CHEZ 47 CHIENS:
UNE ÉTUDE RÉTROSPECTIVE

Rod A.W. Rosychuk, DVM, DACVIM
Department of Clinical Sciences, Colorado State University, Fort Collins, Colorado, USA
Kathryn Scott-Fieseler, DVM
Veterinary Teaching Hospital, Colorado State University, Fort Collins, Colorado, USA
Stephen D. White, DVM, DACVD
Department of Veterinary Medicine and Epidemiology, School of Veterinary Medicine,
University of California, Davis, California, USA
Sarah Shackelford
Veterinary Teaching Hospital, Colorado State University, Fort Collins, Colorado, USA

RÉSUMÉ

Une étude rétrospective a été menée sur 47 chiens atteints d'atopie pour évaluer les effets bénéfiques d'une alimentation avec Eukanuba Veterinary Diets® Nutritional Skin & Coat Formula™ Response FP®/Canine sur le contrôle du prurit atopique. Les réponses étaient jugées excellentes (90-100 %), bonnes (50-89 %), moyennes (25-49 %) ou faibles (<25 %). Les réponses relevées ont été excellentes pour 5 chiens sur 47 (10,6 %), bonnes pour 15 d'entre eux (32 %), moyennes pour 9 (19,1 %) et faibles pour 18 sur 47 (38,3 %).

INTRODUCTION

Plusieurs études ont montré l'efficacité des acides gras oméga 3 et/ou oméga 6 dans le traitement de l'atopie canine. Des acides gras 1-6 ont été utilisés, seuls ou en synergie avec des médicaments comme des antihistaminiques afin de réduire le prurit 7,8 ou pour réduire la dose de glucocorticoïdes nécessaires pour le contrôler.9

Dans la peau, des eicosanoïdes issus du métabolisme des membranes cellulaires associées à l'acide arachidonique (un acide gras de la famille des oméga 6) sont de puissants médiateurs de l'inflammation et du prurit. Parmi eux, l'acide 12-hydroxyeicosatétraénoïque (12-HETE), la prostaglandine E2, le thromboxane A2 et le leukotriène B4 (LBT4).10 La synthèse et la libération de ces eicosanoïdes interviennent avec des réactions d'hypersensibilité de type I dans l'atopie11 et sont en relation avec une dégranulation des mastocytes, des dommages aux kératinocytes et une infiltration cellulaire inflammatoire.

Des compléments alimentaires contenant des acides gras oméga 3 (acide eicosapentaénoique, acide docosahexaénoïque) et certains acides gras oméga 6 (acide dihomo-g-linolénique, un métabolite de l'acide g-linolénique) sont insérés dans les phospholipides de la membrane des tissus avec une diminution correspondante des concentrations en acide arachidonique.12 Le métabolisme des acides gras oméga 3 produit des eicosanoïdes, comme le leukotriène B5 (LBT5) et la prostaglandine E3 (PGE3), dont l'activité inflammatoire est minime ou inexistante (par ex., le LBT5 est 10 fois moins puissant que le LTB4 pour induire la chimiotaxie neutrophile), ou susceptibles d'inhiber la production d'eicosanoïdes pro-inflammatoires (par ex., le LTB5 inhibe la production de LTB4).10 La prostaglandine E1 (PGE1), un métabolite eicosanoïde de l'acide dihomo-g-linolénique est anti-inflammatoire (par ex., la PGE1inhibe la libération d'acide arachidonique). Dans cet acide arachidonique, les acides gras oméga 3 et l'acide dihomo-g-linolénique se font concurrence pour les mêmes enzymes désaturases nécessaires pour leur métabolismes à plusieurs eicosanoïdes. Une supplémentation alimentaire en acides gras oméga 3 et en certains oméga 6 peut inhiber totalement le métabolisme de l'acide arachidonique, produisant des eicosanoïdes anti-inflammatoires ou moins inflammatoires.10,12 Cette situation tendrait à profiter à l'inflammation et au prurit associés à l'atopie.

Les bénéfices d'une supplémentation en acides gras chez les chiens atopiques peuvent également être liés au fait que certains individus malades présentent des anomalies d'absorption ou de clairance lipidique,13 et/ou ?des déficiences en 6-désaturase et/ou 5-désaturase.6 ?Les 6-désaturases sont responsables de la production d'acide g-linolénique et d'acide eicosapentaénoïque à partir des précurseurs oméga 6 et oméga 3. En cas de déficience, ce blocage du métabolisme normal pourrait aboutir à la production préférentielle d'eicosanoïdes pro-inflammatoires. Une supplémentation en acide eicosapentaénoïque (EPA) et en acide g-linolénique (GLA) pourrait limiter cet effet et être bénéfique pour les chiens atopiques.

LA SUPPLÉMENTATION EN ACIDES GRAS

Au cours d'une étude ouverte menée sur 58 chiens souffrant de dermatite atopique, Miller et al. ont découvert qu'une combinaison d'oméga 6 et d'oméga 3 en complément alimentaire (DVM Derm Caps® [DVM Pharmaceuticals, Inc., Miami, FL] ; environ 25 mg d'EPA, 13 mg d'acide a-linolénique, 10 mg de GLA et 545 mg d'acide linoléique/9,1 kg de poids corporel/d) présentait une excellente réponse permettant de réduire le prurit chez 10 chiens sur 58 (17,2 %) et une bonne réponse chez 8 (13,8 %) des 58 chiens atopiques.2

L'hypothèse semble se confirmer qu'une supplémentation en acides gras oméga 3 beaucoup plus importante, approchant les doses utilisées chez les humains pour limiter le prurit atopique, peut permettre de mieux contrôler le prurit chez le chien. Dans une étude, 3 des 5 chiens atopiques ont montré une amélioration modérée à importante lorsque supplémentés avec 180 mg d'EPA et 120 mg d'acide docosahexaénoïque/4,55 kg de poids par 24 h.5 Les chiens de cette étude étaient peu nombreux, ce qui rend l'interprétation assez difficile.

Plus récemment, on a tenté d'évaluer les effets de différents ratios d'acides gras oméga 6/oméga 3 dans l'alimentation. Vaughn et al. ont montré que des ratios compris entre 5/1 et 10/1 étaient associés à la production en moins grande quantité de leukotriène B4 potentiellement prurigène comparé à des ratios de 25/1, 50/1 et 100/1.12 Un autre bénéfice potentiel de l'ajout de ces acides gras dans les aliments du commerce peut être lié au fait que ces aliments diffèrent, parfois énormément, dans leurs teneurs en acides gras.14 Le recours à des compléments alimentaires à dose fixe de divers acides gras pourrait modifier de façon significative la consommation totale de ces acides gras et leur ratio final. Ceci pourrait expliquer la grande diversité des réponses aux supplémentations en acides gras essentiels relevée dans différentes études.1,2,4,5

ÉTUDE RÉTROSPECTIVE

Une étude rétrospective menée sur 47 chiens atteints d'atopie a été menée à l'Université d'État du Colorado pour évaluer les bénéfices d'une alimentation avec Eukanuba Veterinary Diets Nutritional Skin & Coat Formula Response FP/Canine diet (Response FP) sur le contrôle du prurit atopique. Cette alimentation a été supplémentée avec des acides gras de la famille des oméga 3 de manière à obtenir un rapport oméga 6 sur oméga 3 d'environ 5/1. Les 47 chiens étaient issus d'un groupe de 68 chiens souffrant de prurit qui ont reçu le même aliment tout au long de l'étude. Le diagnostic d'atopie a été posé à partir des informations fournies, des antécédents et de l'examen clinique, en fonction du caractère saisonnier du prurit. Les chiens atteints de prurit saisonnier, d'hypersensibilité aux piqûres de puces et de problèmes infectieux saisonniers (pyodermite bactérienne, infections à Malassezia) ont été écartés. Chez les chiens souffrant de prurit chronique, le diagnostic d'atopie a été posé à partir des informations fournies, des antécédents et de l'examen clinique. Ont été exclus l'ectoparasitisme (puces, gales, cheyletielles) et les causes infectieuses de prurit (pyodermite bactérienne, Malassezia), les cas n'ayant pas répondu au régime restrictif mené pendant au moins 8 semaines (sauf à l'aliment Response FP ou à un régime connu pour être enrichi en acides gras oméga 3) ainsi que la présence d'un certain nombre de résultats positifs à des tests sérologiques cutanés intradermiques et/ou in vitro destinés à déterminer la présence d'anticorps spécifiques IgE. Avec ces critères, 21 chiens ont été écartés de l'étude. Ces 21 chiens souffraient soit d'atopie et d'allergie alimentaire, soit d'atopie suspectée ou confirmée pour lesquels une sensibilité alimentaire ne pouvait pas être écartée dans la genèse du prurit.

Les réponses au régime proposé dépendaient à la fois de l'évaluation rétrospective des antécédents médicaux et d'un compte-rendu obtenu par téléphone et/ou questionnaire écrit auprès du maître du chien. Elles étaient exprimées en pourcentage estimé de réduction du prurit. Les réponses étaient jugées excellentes en cas d'amélioration de 90-100 %, bonnes pour une amélioration de 50-89 %, moyennes pour 25-49 % ou faibles si l'amélioration était inférieure à 25 %. Les aggravations en cours de régime étaient également relevées.

Si les chiens de l'étude recevaient également des médicaments, la réponse au régime était évaluée en fonction de la diminution des doses ou de la fréquence d'administration des médicaments nécessaires pour traiter le prurit. L'évaluation a été poursuivie sur la base d'une évolution défavorable du prurit à l'arrêt du régime alimentaire.

Les races atteintes comprenaient des Golden retrievers (9), des Labradors (9), des Cockers (4), des Doberman Pinschers (2), des Dalmatiens (2), des Bergers allemands (2), des West Highland White Terriers (2), des Terre-Neuve (2) et un individu de chacune de ces races : Fox Terrier, Schnauzer miniature, Jack Russell Terrier, Lhassa Apso, Corgi, Basset Hound, Berger australien, Colley et Bouledogue anglais. Cinq croisés ont également fait partie de l'étude.

En moyenne, le régime a été maintenu pendant 17,7 mois.

RÉSULTATS

Les réponses relevées ont été excellentes pour 5 chiens sur 47 (10,6 %), bonnes pour 15 d'entre eux (32 %), moyennes pour 9 (19,1 %) et faibles pour 18 sur 47 (38,3 %) (Figure). Le prurit a augmenté pour un chien pendant l'étude. En résumé, des réponses bonnes à excellentes (amélioration supérieure à 50 %) ont été signalées dans 42,6 % des cas.

Les résultats de cette étude rétrospective sont similaires à ceux de l'étude menée par Miller et al. pendant 8 semaines sur 18 chiens souffrant d'atopie et concernant un aliment commercial à base d'agneau et de riz contenant des oméga 6 et des oméga 3 à raison de 5,5/1. Six des 18 chiens (33 %) ont répondu très favorablement au régime et 2 sur 18 (11 %) ont bien répondu au régime au cours de la première période de 8 semaines. Une diminution du prurit a été constatée après 7 à 21 jours. Lorsque ces 8 chiens ont retrouvé leur alimentation ordinaire, le prurit est revenu au bout de 3 à 14 jours. La réinstauration du régime à l'étude s'est traduite par une bonne ou excellente diminution du prurit. Il est intéressant de constater que 7 chiens sur 11 (65 %) n'ont pas tiré plus de bénéfices de quantités plus élevées d'acides gras.6

Schick et al. ont évalué l'efficacité du régime chez 31 chiens souffrant d'atopie confirmée, de réactions alimentaires, ou d'une combinaison des deux. Le régime a duré 8 semaines. Quatorze chiens sur 31 (45 %) ont bien ou très bien répondu à ces modifications alimentaires. Le nombre de chiens uniquement atopiques dans le groupe n'a pas été précisé.15

Notre étude rétrospective présente des lacunes qui ont sans doute influencé les résultats. L'effet placebo d'une alimentation fournie généralement gratuitement aux propriétaires de chiens peut avoir joué un rôle significatif. Cette affirmation est étayée par le fait que seuls 13 des 28 propriétaires de chiens atopiques ayant bien ou très bien répondu au régime sont prêts à continuer ce type d'alimentation lorsqu'elle ne leur est plus fournie gratuitement. Ceux qui ont arrêté ont fait valoir le coût et la difficulté à obtenir l'aliment en question.

Les réponses estimées subjectivement peuvent également avoir été influencées par les modifications saisonnières, même si 29 cas sur 47 ont été surveillés pendant au moins 12 mois. Dix-neuf de ces 29 chiens ont été suivis pendant au moins 24 mois.

Les chiens ont également continué à recevoir d'autres médicaments, et ont notamment suivi une désensibilisation pendant le régime. Les bénéfices de la désensibilisation, très peu prévisibles quant à leur apparition, ont pu influencer les résultats obtenus.

On peut aussi opposer qu'une absence de réponse à un régime restrictif donné (surtout s'il est préparé industriellement) n'écarte pas la possibilité d'une sensibilité alimentaire et que certains chiens peuvent malgré tout en souffrir. Le régime poisson et pommes de terre peut dès lors leur être bénéfique.

D'autres facteurs peuvent avoir limité l'incidence ou l'importance des bénéfices de l'alimentation. Trois chiens n'ont suivi le régime que pendant 2 mois. Ces 3 chiens répondaient peu à l'alimentation proposée. Malgré plusieurs cas de réaction rapide à la supplémentation en acides gras (diminution du prurit au bout de 7 jours), 9 semaines étaient généralement nécessaires avant de pouvoir noter des modifications significatives des taux d'acide arachidonique dans la peau des chiens. 10 Ces 3 chiens auraient peut-être bénéficié d'un régime plus long. Notre évaluation s'est limitée au prurit. Il est possible que d'autres signes d'inflammation (érythème, œdème, alopécie, état général du pelage) aient été améliorés par le régime.

RÉSUMÉ

Une alimentation avec Response FP semble améliorer le prurit associé à l'atopie canine chez un nombre important de chiens. Cet aliment peut être inclus dans l'arsenal thérapeutique utilisé pour combattre l'atopie canine. Cet article a été publié dans Recent Advances in Canine and Feline Nutrition, Vol. III : 2000 Iams Nutrition Symposium Proceedings. Wilmington, OH: Orange Frazer Press, 2000.

Eukanuba Veterinary Diets, Response et Response FP sont des marques déposées de The Iams Company. Nutritional Skin & Coat Formula est une marque commerciale de The Iams Company.

RÉFÉRENCES

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